CR7 : Ballon d’Or sur tous les fronts

Ce n’est plus un pré-sentiment, c’est la réalité. Le français Franck Ribery n’a rien pu faire, lui qui à deux jours de la 58e cérémonie du ballon d’or FIFA, y croyait encore en déclarant : « Je ne sais pas ce qu’il faut que je fasse de plus pour gagner le Ballon d’Or ».

Son rôle prépondérant qui a permis au Bayern d’empocher 5 titres en 2013 (Ligue des Champions, Championnat d’Allemagne, Coupe d’Allemagne, Coupe du Monde des Clubs, Super Coupe d’Europe) ainsi que ses 22 buts et 18 passes décisives, ne lui ont pas suffit pour dissuader les votants (sélectionneurs, capitaines d’équipes nationales et journalistes), au point de ne terminer « que » troisième, derrière les deux monstres Cristiano Ronaldo et Lionel Messi.

RonaldoTerminant une année 2013 vierge de trophée mais avec 69 buts en 59 matches (plus que Ribery et Messi réunis), et une qualification pour le mondial 2014 obtenue à lui tout seul; le portugais a devancé l’argentin quadruple Ballon d’Or, pour remporter son deuxième trophée individuel, après celui obtenu en 2008. La FIFA et ses votants se sont davantage référés aux statistiques individuelles, plutôt qu’au palmarès de l’équipe dans laquelle chacun des finalistes évoluent. Mais le français n’aurait-il pas également subit les performances du portugais en dehors des terrains ?

Ronaldo, l’ambitieux bosseur

Il est peu probable de ne pas connaître le portugais qui sait marquer les esprits. En plus d’avoir inscrit 47% des buts du Real Madrid en 2013, CR7 est une marque, à l’image de David Beckham. Après lui avoir succédé à Manchester United puis au Real Madrid, Ronaldo a suivi les traces de l’Anglais dans le monde de la mode, en devenant la nouvelle égérie de la campagne Armani underwear.

Sans parler de sa plastique qu’il exhibe à maintes reprises, Ronaldo s’est créé un réel empire médiatique pour devenir une icône populaire, et a su mettre en place une stratégie de manière à constamment accroitre sa notoriété ainsi que son influence auprès des marques. Pour cela, le portugais peut compter sur les réseaux sociaux et ses 71 millions de fans sur Facebook – contre 53 millions pour Messi – ainsi que ses 24 Millions d’abonnés sur Twitter, ce qui en fait le sportif le plus suivi.

Le joueur vedette de l’équipementier Nike ne s’est pas arrêté au football pour développer son image, en allant jusqu’à créer sa propre marque de sous-vêtements, son musée, ou encore son propre réseau social « Viva Ronaldo » qui se révèle être une arme à l’échelle de la planète. « C’est une expérience unique que nous offrons à mes fans à travers le monde entier », a commenté le capitaine de l’équipe du Portugal.

Jusqu’aux magazines de mode, le joueur du Réal fait vendre

Depuis son arrivée dans la capitale espagnole, CR7 fait vendre au club madrilène en moyenne 1,5 million de maillots par an, contre un million lorsque Beckham évoluait lui aussi au sein du club merengue. Cette vente de produits dérivés donne le privilège à la boutique Adidas du stade Santiago Bernadeau d’être la plus rentable au monde. Mais son importance va au delà du football et du côté médiatique, amenant le portugais a avoir un réel impact au sein de son pays, notamment en influençant l’économie nationale à travers ses proches relations avec des entrepreneurs portugais, et particulièrement suite à la qualification du Portugal pour le mondial brésilien.

Il est certain que la forte notoriété mondiale du ballon d’or 2013 a joué en sa faveur au moment des votes, tandis que le Français a payé le fait de ne pas occuper cet espace médiatique. La communication de Ribery reste limitée à l’Europe, et le Munichois est aujourd’hui encore totalement absent des réseaux sociaux, ne laissant place qu’à des comptes parodiques, peu favorables à son image. Cela ne semble pas être la meilleure stratégie pour se faire connaître et aimer du monde entier, à l’heure où le Français ne reste qu’un excellent joueur de football qui se permet de mettre de côté son image personnelle. Même si la presse française s’est rassemblée derrière son atout numéro un lors des mois précédents la remise du trophée, Franck Ribery a subit ce déficit d’image face à ses deux concurrents majeurs.

Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé pour le Bayern de Munich, club où évolue le Français, qui a souhaité regrouper derrière un seul homme l’ensemble des votants susceptibles d’élire un joueur Munichois. Pour cela, un lobbying a été mis en place en ne communiquant qu’autour d’un seul et unique joueur, permettant d’accentuer leurs chances de voir l’un des leurs remporter le précieux trophée.

Ribéry, victime de la popularité de Ronaldo ?

Gérard Houllier, ancien sélectionneur de l’équipe de France, a par exemple proposé de redéfinir les critères de vote afin de ne pas élire le Ballon d’Or du joueur le plus médiatique. À titre d’exemple, il proposait de juger le meilleur joueur du monde en prenant en compte pour 25% la contribution qu’il a apporté à son club, pour 50% sa valeur individuelle, et pour 25% son attitude et son charisme.

Cela pourrait déplaire à CR7, mais il est certain qu’il saura profiter pleinement de son deuxième Ballon d’or pour renforcer sa valeur marchande. Le meilleur joueur FIFA 2013 a d’ailleurs célébré son trophée avec de nouvelles chaussures de football, les Nike Mercurial Vaport IX White fluorescente. Souhaitons lui qu’elles lui apportent autant de réussite individuelle pour 2014.

Benjamin Michel-Marçais
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Ancien squale au parfum chloré, actuellement à la recherche des meilleurs empanadas.
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