Rendez-vous avec Julien Chesneau, responsable communication au Nantes Rezé Basket

Pour ce « Rendez-vous du mois » d’avril, le club de basket féminin nanto-rezéen nous a ouvert ses portes. Julien CHESNEAU nous a parlé de la communication d’une équipe jeune et ambitieuse. Découvrez dès le mois prochain l’interview de François De Maria, directeur marketing !

–          Bonjour Julien, pouvez-vous nous présenter votre parcours professionnel ?

Issu d’un Bac littéraire qui m’aideonglet julien beaucoup dans mon travail actuel, j’ai obtenu un DEUG STAPS à Nantes puis une Licence et Maîtrise management du sport à Toulouse. Je suis ensuite rentré à Audencia pour compléter ma formation en management du sport et effectuer un stage de 6 mois. J’ai réalisé celui-ci au Skatepark nantais « Le Hangar », qui est le plus grand Skatepark couvert d’Europe, dans le but de m’imprégner des codes des pratiques urbaines à travers l’événementiel. Par la suite, j’ai eu quelques missions pour Adidas ainsi que pour des entreprises hors sport. Après avoir hésité à me réorienter, j’ai expérimenté le poste de vendeur chez Décathlon. Puis vint le temps du Nantes Rezé Basket. Suite à une première brève expérience de commercial avec le NRB, le club fit appel à moi pour un poste de chargé de développement, financé par l’Etat et la Fédération. À mon arrivée au NRB en 2006, tout restait à faire. J’ai donc développé un réseau de communication afin qu’on parle de nous. En 2008, la montée en Ligue Féminine de Basket a alors structuré le staff administratif. J’occupe ainsi exclusivement la fonction de responsable communication depuis quatre ans.

–          Comment décririez-vous en quelques mots le NRB ?

Je dirais que c’est un club assez jeune qui s’est construit rapidement et a réussi à s’imposer dans le paysage sportif nantais et du basket féminin. C’est un club qui a une vraie identité aujourd’hui.

–          Le club termine bien la saison avec une finale de Challenge Round, malgré des débuts compliqués. Remporter le trophée rendrait-il le bilan positif ?

Il l’est déjà. On avait des objectifs légitimement hauts et une équipe compétitive. Pourtant, on s’est trompé sur le recrutement. Nous avons dû faire des choix difficiles pour renforcer la cohésion d’équipe et ce n’est pas pour rien que nous sommes allés chercher Aurélie BONNAN, qui est une ancienne de la maison, qui est française, et qui a des valeurs de combat, d’humilité et de collectif. Certes, nous visions la 4ème place mais nous avons tout de même atteint les ¼ de finale de la Coupe d’Europe pour la deuxième année consécutive et la troisième fois en quatre ans, donc régularité. Nous sommes en finale du Challenge Round ce qui signifie une place en Coupe d’Europe la saison prochaine, pour la cinquième année consécutive ! Avec un ratio victoires/défaites positif et la sixième place du championnat (7ème en 2012/2013), même si nous ne gagnons pas le Challenge Round, c’est déjà une victoire d’être là parce que nous sommes allés chercher la qualification européenne sur le terrain. Donc la saison est réussie.

–          On peut ainsi espérer des objectifs élevés la saison prochaine ?

Oui, si l’on arrive à conserver le cœur de l’équipe et l’entraîneur, qui portent nos valeurs. Même si cette composition à 90% française n’était pas un choix au départ et que toute bonne joueuse étrangère est la bienvenue, nous sommes sensibles au recrutement français  Pourtant, il faut savoir qu’aujourd’hui les joueuses françaises sont très chères. Nos objectifs sont clairs : à court terme, atteindre le top 4, puis jouer le titre, et avoir un titre à long terme.

–          Selon vous, que manque-t-il au club pour changer de dimension ?

Des partenaires économiques importants. Actuellement, les collectivités nous suivent avec un gros soutien de la ville et du Conseil Général. Malheureusement, on se trouve dans un endroit très concurrentiel. François (De Maria, Directeur marketing) a beau se démener, il ne peut pas lutter contre le HBCN et le FC Nantes qui détiennent déjà 80% des partenaires. Les 20% restants sont pour le volley féminin et masculin, le handball féminin, le hockey masculin, le basket masculin et nous. C’est compliqué mais ce qui est encourageant, contrairement au sport masculin, c’est qu’avec 2 millions d’euros de budget, le basket féminin joue le titre de champion de France. Bourges, c’est 2,4 millions d’euros et seulement deux défaites cette saison. Ce qui nous sépare de ces 2 millions, ce sont les partenaires privés, le nerf de la guerre. Il nous faut donc des gros partenaires pour se rapprocher d’un équilibre idéal partenaires publics/partenaires privés. Je pense qu’on se donne les moyens de le faire en gagnant nos matches en ce moment avec la démonstration de valeurs fortes.

–          On parle d’une nouvelle salle disponible d’ici deux ou trois ans. Quelle en sera la valeur ajoutée ?

Cette salle pourrait bien être la plus belle enceinte de basket féminin en France, dans le sens où les tribunes seront proches du terrain, le salon VIP permettra de recevoir les partenaires dans des conditions décentes, il y aura un terrain d’entraînement et un espace médias. L’ambiance sera pleinement professionnelle. Maintenant, cette salle ne devrait nous être accessible qu’à partir de 2017 ; il va donc falloir impérativement et au minimum se maintenir au niveau où l’on est en ce moment.

–          On évoque le NRB comme le club le plus actif de LFB en termes de communication. Pouvez-vous nous décrire vos actions au quotidien qui participent à la promotion de l’équipe ?

La première de mes actions quotidiennes est de faire en sorte qu’on parle de nous le plus souvent possible, et le site internet, dont je suis le webmaster, est un des moyens pour communiquer. Ainsi, j’essaie de publier régulièrement des articles. Je veille également à ce que les réseaux sociaux soient actifs, puisque leur portée est inimaginable donc il faut y être. Les médias sont très importants aujourd’hui parce qu’on ne peut pas faire sans eux. La communication est simple : abreuver continuellement les journalistes d’informations par l’intermédiaire de communiqués de presse. Je fais un à deux points presse par semaine, ce qu’ils aiment aussi c’est le « off ». Une de nos réussites est d’avoir fait comprendre aux journalistes qu’ils doivent d’abord nous prévenir avant d’appeler les joueuses ou l’entraîneur. Ce qui est primordial c’est de maîtriser sa communication, c’est pourquoi j’accorde une importance toute particulière aux communiqués et points presse. Le relationnel avec les médias, j’en prends soin. On fonctionne en transparence avec eux, ils savent que les joueuses sont libres de parole.

Je m’attache également à faire de l’événementiel social dans le département. On a appelé nos actions « Cœur de Déferlantes ». Je dis toujours aux joueuses en début d’année: « ce sont les supporters qui vous payent donc il va falloir leur rendre ». Elles sont ravies d’être présentes dans les clubs, les écoles, les hôpitaux… On essaie un maximum de répondre positivement aux demandes, et c’est pourquoi on a notamment fait un match au profit de Mécénat Chirurgie Cardiaque à qui on a reversé une partie de la recette. L’année dernière, on est allé dans un établissement pénitencier pour adolescents.

Lors des matches, j’ai la chance de pouvoir compter sur Maxime GOURICHON qui gère notre page Facebook et Charline BODET elle alimente le compte Twitter. Je m’occupe de la web radio, de l’accueil des journalistes, de la conférence de presse, et du « off ». La jeunesse du club fait que l’on a peu de bénévoles, on doit par conséquent chacun sortir de nos missions pour entre autres préparer la salle. Ceci est une de nos limites.

–          Si vous deviez citer un point fort et un axe à améliorer au Nantes Rezé Basket ?

Pour le point faible, je dirais le manque de soutien économique de gros partenaires et le manque de public. Nous n’avons pas de supporters mais des spectateurs. C’est un public familial de connaisseurs qui n’applaudit principalement que lorsque ça joue bien. Le manque d’ambiance dans la salle, le « sixième homme », est un vrai problème.

Concernant le point positif, une réelle politique est en place, axée sur un recrutement jeune à fort potentiel, principalement français, auquel les gens peuvent facilement s’identifier. La communication associée s’intéresse à l’envers du décor, je voulais montrer que Caroline AUBERT est une crème, qu’Isis ARRONDO est un clown… Les vidéos de la vie du groupe permettent de diffuser la bonne ambiance qui règne au sein de l’équipe. Une proximité avec le public s’est installée. L’ADN du club est humble et compris de tous.


Je serai Déferlantes – Clip de présentation… par nantesrb

–          Notre rituel de fin d’interview : quel est le rendez-vous sportif qui vous a le plus marqué ?

J’en ai deux. Le premier, à l’origine de ma passion pour le basket, c’est la finale 91 de NBA entre Chicago et Los Angeles. J’y découvre à la fois Michael JORDAN et Magic JOHNSON. Ce dernier me fascine car il joue en souriant et rend les autres meilleurs grâce à son charisme, son jeu de passe et sa volonté de mettre les autres en valeur. Sa retraite sportive forcée à cause du SIDA m’a touché. Le deuxième, c’est la finale de la Coupe du Monde 98. C’est la seule fois de toute ma vie où j’ai vu des gens qui ne se connaissaient pas, issus de divers milieux, s’enlacer, sourire. Cette harmonie était fantastique, 11 mecs ont réussi à faire que pendant une journée on ne pensait plus qu’à ça ! Selon moi, le sport est la seule chose qui est capable de te faire vivre de telles aventures humaines, par son incertitude.

Merci à Julien pour le temps qu’il nous a accordé ! Bonne chance au NRB pour la finale du Challenge Round ! Et n’oubliez par de découvrir prochainement l’interview de François De Maria, responsable marketing au Nantes Rezé Basket  !

Antoine Poirier

Antoine Poirier

Etudiant en management du sport, tennisman compétiteur depuis toujours. Continuellement à l'affût de nouveauté !
Antoine Poirier

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