Rendez-vous avec Mathieu Marchand, responsable événementiel du Issy Paris Hand

Pour ce tout premier « Rendez-vous du mois », nous avons rencontré Mathieu Marchand. À 24 ans, il occupe le poste de responsable événementiel au club d’Issy Paris Hand.

–       Bonjour Mathieu, peux-tu te présenter en quelques mots ?mathieu-marchand-photo-88865

Après une licence STAPS Management du Sport à l’IFEPSA (Angers) et des stages au Mans FC et chez Kappa France, je suis monté sur Paris pour y faire un Master. Je suis rentré à AMOS et j’y ai décroché mon Master Manager des Organisations Sportives l’année dernière. Durant ce Master, j’ai fait un stage au club de handball féminin Issy Paris Hand. J’ai par la suite été embauché et  j’y suis maintenant en contrat depuis janvier 2013 en tant que responsable événementiel. Je m’occupe de l’organisation des matches de l’équipe professionnelle (championnat de France, coupe d’Europe, coupes nationales) et de tout ce qui gravite autour. Mon but, au-delà de l’aspect logistique, c’est de faire de ces matches un réel spectacle identifié IPH (Issy Paris Hand) pour nous différencier de la concurrence parisienne.

–       Peux-tu nous parler du club d’Issy Paris Hand ?

Issy Paris Hand est un club 100% féminin et jeune. Depuis son accession en 1ère division en 2006, le club n’a cessé de progresser et de se structurer pour maintenant faire partie du Top 3 français et participer aux coupes d’Europe. Le club a la volonté de trouver un équilibre entre les jeunes espoirs formées au club, les internationales françaises et celles étrangères. Cette année, l’objectif est de gagner un titre sur les quatre compétitions disputées et de continuer le développement du club d’un point de vue marketing et événementiel.

–       Qu’est-ce que le handball féminin a de plus que son homologue masculin ?

Bien entendu, le handball féminin n’a pas l’aura et la visibilité médiatique dont peuvent disposer nos homologues masculins. Mais nous avons d’autres arguments pour attirer le public et captiver l’intérêt des médias : la féminité, la proximité et la convivialité avec les joueuses, le double-projet -sportif et professionnel- que mènent certaines joueuses, ou encore l’image de la femme sportive.

–       Est-ce facile de rallier les partenaires à un club professionnel féminin ?

Dans la conjoncture actuelle, il est difficile de fidéliser de nouveaux partenaires. Et la difficulté supplémentaire pour nous, c’est la concurrence parisienne. Chaque weekend, nous faisons face à une grande densité d’événements qu’ils soient sportifs ou culturels. Notre politique est donc d’allier le sport professionnel féminin à un spectacle singulier à Issy Paris Hand. Pour cela, nous devons nous différencier dans ce que nous proposons pour faire face à la concurrence, mais aussi jouer sur nos atouts pour trouver le lien et les points communs que nous pouvons avoir avec les prospects. Les valeurs du club, l’image de la femme sportive, le spectacle sportif et l’événementiel proposés sont nos points d’attaque pour l’approche de nos partenaires.

–       Y-a-t-il une rivalité avec les autres clubs (toutes disciplines confondues) évoluant à Paris ? 

Ayant peu de liens avec les autres clubs parisiens, il n’y a pas de rivalité. Certes nous nous adressons tous à un public de sportifs mais nous avons chacun nos spécificités. Pour la recherche de partenariats, nous ne sommes pas sur les mêmes catégories de partenaires. La seule rivalité qu’il y a est celle induite par notre même géolocalisation.

–    Quelle relation avez-vous avec les autres clubs de première division féminine ? Échangez-vous des compétences, ou y-a-t-il également une concurrence en dehors des terrains ?

Dans mon domaine, il n’y a pas de concurrence. Au contraire, il y a plutôt une volonté d’échanger les idées et les compétences pour un développement général du handball féminin. Dans l’intérêt de tous et du handball féminin, le but n’est pas de savoir qui propose le meilleur spectacle ou la meilleure animation, mais justement qu’il y ait un partage de manière à avoir une homogénéité dans les événements proposés en LFH.

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–       Quelles sont les difficultés rencontrées dans tes missions, auxquelles tu n’aurais pas à faire face dans un club masculin ?

Probablement une différence au niveau des moyens financiers et humains. Mais j’ai volontairement utilisé ce mot de différence et non de difficulté car le but est justement de trouver des solutions pour combler ces manques par rapport au handball masculin. De ce fait, par la différence des budgets entre le handball féminin et masculin, il y a une différence financière dans le budget alloué à la communication et à l’événementiel. Les moyens humains sont également différents quand nous nous appuyons sur une équipe de bénévoles, alors que les clubs masculins font appel à des entreprises. Mais ces différences sont justement source de challenge, où l’objectif est de proposer un spectacle de qualité identique, avec des moyens moindres et différents.

–       Quelles sont selon toi les nouvelles attentes des spectateurs ? Quels moyens mettez-vous en place pour y répondre ?

Tout d’abord, je pense que le simple match sportif ne suffit plus à faire venir le public. Il faut d’autres micro-événements et animations autour de cette rencontre pour en faire un réel spectacle et captiver les gens. Il est également important de surprendre les gens. Il faut leur amener quelque chose auquel ils ne s’attendaient pas. Et bien sur, ils veulent toujours approcher les sportives qu’ils supportent, avoir un contact avec elles. C’est pour répondre à ces attentes que, par exemple, nous mettons en scène l’entrée des équipes, nous proposons des animations à la mi-temps, nous avons une mascotte, et nous avons aussi créé « Le Village des Lionnes » où nous proposons plusieurs interactivités liées au club. Pour les surprendre, nous créons une vidéo avant chaque match où les joueuses s’adressent au public. La vidéo et le message sont différents à chaque rencontre. Et pour finir, nous gardons toujours un grand moment d’échange à la fin des matches entre les joueuses et le public (autographes, photos, discussions…).

–       Après le football et le PSG Hand, pouvons-nous imaginer que les Qataris investissent dans le club d’Issy Paris Hand? De quel œil vois-tu l’arrivée de ces investisseurs étrangers ?

Ce n’est un secret pour personne, les Qataris ont la volonté de créer un club omnisport. Notre tour viendra probablement après le foot et le handball masculin. Je pense que pour le club et le championnat français ce serait une bonne chose. Tout comme ça l’ait dans chaque sport où les Qataris ont investi. Comme tout changement, il faut en faire une opportunité pour continuer à se développer et se structurer. Ce ne serait plus les mêmes problématiques et moyens mais les objectifs resteraient les mêmes : gagner des titres.

–       Le digital tient une place de plus en plus importante en communication. De quelle manière l’utilisez-vous ?

C’est notre outil de communication principal. Nous utilisons quotidiennement notre site internet et nos réseaux sociaux (Issy Paris Hand News & @IssyParisHand) pour relayer les informations du club et avoir une interactivité permanente avec nos supporters.

 –       Quels sont pour toi les points clés d’une campagne sportive digitale réussie ?

Les supports visuels et sonores utilisés sont prépondérants pour capter l’intérêt des internautes. Si la création graphique ou la vidéo sont mal réalisées ou n’apportent aucune émotion, la première accroche avec le public ne sera pas réussie. Ensuite, il y a l’intérêt que va y trouver l’internaute, où il est important qu’il y ait une interactivité entre lui et nous, afin qu’il se sente privilégié. En enfin, même si le lien avec le public se fait via le digital, il faut qu’il y ait une proximité et donc proposer des jeux concours, des infos exclusives, des cadeaux, des places, etc. C’est essentiel pour faire vivre le club sur le 2.0.

–       Quels sont vos prochains événements et peux-tu nous parler de vos opérations de communications à venir ?

Début février, nous organisons la double confrontation en coupe d’Europe contre les turques d’Istanbul pour le compte des 1/8ème de finale. Nous sommes vice-champion d’Europe en titre donc l’objectif est de retrouver la finale européenne. Nous allons ensuite terminer la phase régulière du championnat de France avant d’attaquer les play-offs. Et il y a également les coupes nationales avec les ½ finales de la coupe de France et la coupe de la Ligue où nous sommes tenant du titre. Nous allons également réaliser « Le Défi 4000 ». Pour la réception de Fleury le 12 mars prochain, nous allons inviter 4000 enfants de Paris et sa région pour remplir la salle Pierre de Coubertin. En ce qui concerne la communication, nous avons donc le « Défi 4000 » et en partenariat avec le centre des 3 Moulins à Issy-les-Moulineaux, nous serons en représentation durant une semaine au cœur du centre commercial avec différentes animations.

–       Et pour terminer, quel est le rendez-vous sportif qui t’a le plus marqué ?

Sans aucun doute les JO de Londres avec les victoires des handballeurs, de Lavillenie, de Riner, des nageurs et notamment du relais 4×100 et d’Agnel ! Autant d’émotions, d’intensité et d’adrénaline pendant ces deux semaines. Quand tu aimes le sport, il n’y a rien de plus beau. C’est pour ça qu’on aime le sport.

Merci à Mathieu pour le temps qu’il nous a accordé. Nous lui souhaitons une belle continuation, ainsi qu’une année riche en titres avec le IPH. À bientôt !

Benjamin Michel-Marçais
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Benjamin Michel-Marçais

Ancien squale au parfum chloré, actuellement à la recherche des meilleurs empanadas.
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1 Comment

  1. Très sympa comme interview, ça donne envie ! :-)

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