Sotchi 2014 : mais que deviens-tu ?

On le craignait, cela semble confirmé. Deux mois après avoir accueilli les Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver, la station balnéaire russe de Sotchi ressemble littéralement à une ville laissée à l’abandon.

Avec un coût total des travaux qui s’est élevé à plus de 50 milliards de dollars (37 milliards d’euros), cette 22ème édition des Jeux d’hiver est, de loin, la plus coûteuse de l’histoire de l’Olympisme : 11 sites olympiques, 3 villages, 367km de routes, 77 ponts ou encore le nouvel aéroport… il a fallu tout construire à Sotchi et le retard accumulé au fil des mois s’est fait sentir dès les premiers tweets des journalistes arrivés la veille de la cérémonie d’ouverture.

Mais de ces 17 jours de compétition, on retiendra quand même la 13ème médaille olympique d’Ole Einar Bjoerdalen, les larmes de Bode Miller, la belle histoire des sœurs Dufour-Lapointe, les médailles de Martin Fourcade ou encore la désillusion de Shaun White. On n’oubliera pas non plus l’ouverture des Jeux prononcée par le président russe Vladimir Poutine mais également qu’ils se sont déroulés sans incident malgré les craintes liées à sa sécurité. « Super Jeux », c’est ainsi la dénomination employée par le président du CIO Thomas Bach pour qualifier Sotchi 2014.

Quand on fait le point seulement 2 mois après l’événement, on peut se questionner sur les investissements réalisés qui ont laissé place à une ville fantôme. Les photos récemment publiées par le photographe Alexander Valov (ici) présentent une ville aux bâtiments neufs et colorés qui n’attendent plus que les fameux touristes tant espérés. La réalité est tout autre… Chiens errants, bâtiments vides pour certains, pas terminés pour d’autres, habitants absents, touristes inexistants… voilà à quoi ressemble Sotchi aujourd’hui. Seuls le bruit des rares bus et les quelques ouvriers restés sur place pour finir de démonter certaines structures offrent un soupçon de vie à la cité balnéaire.

C’est logiquement que l’on pense à d’anciennes villes hôtes des Jeux comme Sarajevo (1984), Athènes (2004) ou encore Pékin (2008) dont le paysage olympique a laissé place à la rouille, aux déchets mais surtout à l’oubli. Sotchi ne devrait pas déroger à la règle et devrait s’ajouter à cette triste liste. Certes nous avons eu le droit à de belles performances sportives, à des images splendides et à de magnifiques souvenirs mais à quel prix ?! 50 milliards de dollars pour tout laisser 2 mois plus tard… Bienvenue dans le sport business !

Clément Menjou-Marcat

Clément Menjou-Marcat

Coordinateur marketing au sein de l'organisation des 24 Heures du Mans, avec un petit penchant pour les sujets liés aux grands événements, au sponsoring et aux équipements sportifs.
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