Le tennis féminin : un eldorado en matière de sponsoring

Comme l’avait révélé le magazine américain Forbes l’année dernière, le top 10 des athlètes féminines les mieux payées de la planète est dominé par les tenniswomen, avec 7 représentantes du sport à la petite balle jaune. Maria Sharapova est à la tête du sport business féminin et pourrait bientôt être rejointe par la talentueuse Eugénie Bouchard. Deux sportives « bankables » grâce notamment à leur charisme et leur physique avantageux.

Sharapova, l’enfant prodige programmée pour réussir

La dernière apparition remarquée de « Masha »‘ s’est produite la semaine dernière. Comme chaque année, les ESPY Awards réunissent la crème du sport mondial. Cet événement, qui se déroulait à Los Angeles le 16 juillet dernier, a récompensé la sublime blonde du trophée ESPY de la meilleure joueuse de tennis, elle qui a cette saison été sacrée du côté de Roland-Garros. C’est surtout sur le tapis rouge que Maria Sharapova a brillé, attirant tous les regards par son élégance qu’on lui connaît tant.

maria sharapova espy awards 2014

Son premier coup d’éclat eut lieu en 2004, en remportant Wimbledon à 17 ans ! Ce titre l’a propulsée superstar du tennis et plus encore, du sport en général. Ses principales qualités appréciées sont sa détermination à toute épreuve, son goût pour la mode, son professionnalisme, son aisance devant un auditoire, son physique hors norme, son humilité et son acharnement au travail.

La création d’une icône est alors en marche et le tennis n’est plus son seul centre d’intérêt. Cependant, elle est restée compétitive au fil des saisons. Même après une grave blessure à l’épaule, elle a su rebondir vers le haut (au contraire de Wozniacki et Ivanovic qui ont succombé au business du marketing sans pouvoir rester au sommet de la hiérarchie mondiale). Son palmarès n’est pas le plus fourni de l’histoire du tennis mais il la place tout de même parmi les grandes joueuses de sa génération. Elle est la première russe à remporter les 4 tournois du Grand Chelem et à devenir numéro 1 mondiale au classement WTA.

La tenniswoman russe se distingue tellement de ses pairs, en termes de gestion de carrière, qu’elle a suscité l’intérêt d’Harvard Business School pour une étude en 2007. L’institution a publié “Maria Sharapova : Marketing a Champion” afin d’analyser les points clés de la réussite de la protégée d’IMG.

Les sponsors se l’arrachent. Profitant de son immense notoriété, Maria Sharapova a signé des contrats publicitaires avec de nombreuses grandes marques, ce qui fait d’elle l’une des sportives les mieux rémunérées de la planète. Elle est, entre autres, l’égérie de Nike, Head, Evian, Samsung, ou encore de Porsche. Elle a anciennement collaboré avec Prince, Land Rover, Sony Ericsson, Canon, Colgate-Palmolive et Motorola. Elle tire également parti de son physique avantageux pour poser dans divers magazines. Ses gains sur et en dehors du court sont colossaux ! Les chiffres 2013 sont impressionnants : Sharapova a accumulé près de 29 millions de dollars, dont près de 80% obtenus par son activité extra-sportive !

La sibérienne s’est impliquée dans plusieurs œuvres caritatives. Elle a ainsi fondé une association portant son nom. Celle-ci vise à faire découvrir le tennis aux enfants dans les régions défavorisées. Elle est également ambassadrice itinérante du Programme des Nations Unies pour le développement depuis février 2007. Elle met notamment en avant le manque d’eau douce en Afrique, la toxicomanie dans les pays en développement et la préservation des richesses naturelles du monde.

Un atout de plus à son compte réside dans la création d’une marque à son nom. Sugarpova, sa marque de bonbons lancée en 2012, fait l’objet d’actions de promotion lors des déplacements de la joueuse sur les tournois. Ainsi, elle a frappé très fort en début de saison en devenant sponsor officiel de l’Open GDF Suez de Paris. « Masha » s’efforce de communiquer autour de sa marque à chacun de ses déplacements, c’est pourquoi elle avait voulu changer de nom lors du tournoi de l’US Open aux Etats-Unis en septembre 2013. Maria n’est plus qu’une simple joueuse de tennis mais également une femme d’affaires avertie.

Sugarpova

Bouchard, ambassadrice de la nouvelle génération

La Canadienne de 20 ans arrive à maturité sur le circuit WTA, en témoigne sa présence en ½ finale des trois derniers tournois du Grand Chelem. Celle qui partage la tête d’affiche des opérations de promotion de Nike avec Na Li et Maria Sharapova est la nouvelle vedette du marketing tennistique.

Sa place en finale du dernier Wimbledon a boosté sa cote de popularité ! Une finale perdue mais un tremplin pour la négociation de nouveaux contrats publicitaires sans aucun doute.

Parmi ses sponsors majeurs, elle peut compter sur Nike comme équipementier textile, Babolat pour le materiel de tennis, Rogers Communications et Pinty’s Chicken. Récemment, Bouchard a rejoint Coca-Cola Canada pour 3 ans.

COCA-COLA CANADA - Game, Set, Match! Coca-Cola Canada

Darren ROVELL, un reporter en sport business pour ESPN, suit particulièrement la progression de la jeune canadienne. Il semble reconnaître en elle la « future Sharapova ».

Son activité régulière sur les réseaux sociaux, et ses publications de selfies, participe à accentuer sa cote de popularité.

La talentueuse Eugénie démontre une aisance remarquable face aux caméras. Ceci, combiné à son charisme évident, attire les sponsors les plus réputés. Son agent croit plus que tout en son avenir :

« Elle a la personnalité, elle a le jeu, elle a le look. Les fans australiens l’aiment, les fans français l’aiment… je pense qu’elle est très rare, laissons faire le temps. Je pense réellement qu’elle a la capacité d’être plus « marketable » que Maria Sharapova. Elle parle les deux langues utilisées sur les quatre tournois du Grand Chelem. Plus jeune, Maria était l’idole d’Eugénie, à présent, elles sont adversaires. Même si Maria est la référence, Génie a la capacité de la dépasser. Elle sait qu’elle doit performer sur le court pour y parvenir. Je dois dire que la puissance marketing de Maria est la meilleure de tout le circuit. C’est incroyable à quel point cette fille est déterminée à réussir. »

Bien qu’elle soit encore loin de la notoriété de Maria Sharapova (à peine 300 000 followers sur Twitter pour la canadienne contre plus d’1,1 million pour la russe), cette étoile montante du tennis féminin s’investit pour la concurrencer. Cela passera forcément par des titres en Grand Chelem et l’accession à la place de numéro mondiale. On attend avec impatience le prochain US Open…

A découvrir prochainement, la relève du maître Roger Federer : Grigor Dimitrov. Le tennis masculin a un pouvoir attractif exceptionnel et les contrats publicitaires y sont encore plus impressionnants.

Antoine Poirier

Antoine Poirier

Etudiant en management du sport, tennisman compétiteur depuis toujours. Continuellement à l'affût de nouveauté !
Antoine Poirier

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